Livre Pedagogia Espirita” – J. Herculano Pires

L’éducation dépend des connaissances plus ou moins grandes que l’éducateur possède de lui-même. Parce que se connaître soi-même est la première étape de la connaissance de l’être humain. L’humanité en est une. L’être humain, en tout temps et partout, a toujours été le même. Sa constitution physique, sa structure psychologique, sa conscience sont égales chez tous les êtres humains. Cette égalité fondamentale et essentielle caractérise l’homme. Les différences de tempérament, culturelles, psychologiques, de race ou de nationalité, de couleur ou de taille ne sont qu’accidentelles. C’est pourquoi l’éducation est universelle et ses objectifs sont les mêmes en tout temps et sous toutes les latitudes de la Terre.

Cette normalisation, qui devrait simplifier l’éducation, en vérité la complique, car sous l’aspect standardisant existent les différenciations individuelles et de groupe. Chaque individu est unique, différent de tous les autres, même dans les groupes connexes. Le type psychologique de chaque être humain est unique et irréductible à la masse. Le mystère de l’être, qui effraie les éducateurs, s’appelle la personnalité. Chaque être humain est une personne. Et ceci dès la naissance, parce qu’il naît déjà formé avec sa structure compliquée qui ne fera que se développer avec la croissance et la relation sociale. Il est difficile pour l’éducateur de maîtriser toutes ces variations et de les guider.

Éduquer, comme on peut le voir, c’est déchiffrer l’énigme de l’être en général et de chaque être en particulier, de chaque élève. René Hubert, pédagogue français contemporain, définit l’éducation comme un acte d’amour, par lequel une conscience formée cherche à élever à son niveau une conscience en formation. L’éducation se présente ainsi comme Science, Philosophie, Art et Religion. C’est une science quand elle étudie les lois de la structure humaine complexe. C’est une philosophie quand, en connaissance de ces lois, elle cherche à interpréter l’homme. C’est un art quand l’éducateur se penche sur l’élève pour essayer de le guider dans le développement de ses pouvoirs internes vitaux et spirituels. C’est une religion parce qu’elle cherche le salut de l’être humain face à toutes les menaces, tentations et dangers du monde. Le véritable éducateur est celui qui pratique la vraie religion de l’amour du prochain, dans ce que nous pouvons appeler le culte de l’être dans le temple de son propre être.

Ce n’est pas une image mystique de l’éducation, mais une tentative de la voir, de la comprendre et de l’appliquer dans toutes ses dimensions. L’acte d’éducation est essentiellement religieux. Ce n’est pas seulement un acte d’amour individuel, du maître au disciple, mais aussi un acte d’intégration et de salut. L’éducation ne cherche pas à intégrer l’être en développement dans une situation sociale ou culturelle donnée, mais dans la condition humaine, en le sauvant des conditionnements animaux de l’espèce, en l’élevant sur le plan supérieur de l’Esprit.

Il est facile de comprendre à quel point le professionnalisme éducatif de notre temps est loin de tout cela. Les philosophes grecs avaient raison lorsqu’ils condamnaient le professionnalisme des sophistes. Il ne s’agissait pas que d’une différenciation des classes sociales, mais de la lutte contre l’abâtardissement de l’éducation par ceux qui niaient l’existence de la vérité en échange d’intérêts immédiats.

Comment ajuster les buts supérieurs de l’éducation aux exigences d’une civilisation basée sur le profit ? L’absence de solution à cet ajustement est à l’origine de la crise universelle de l’éducation à notre époque. Néanmoins, la solution pourrait être trouvée dans l’application de processus vocationnels. Aucun type d’éducation collective ne peut être efficace s’il n’est pas en mesure d’observer et de guider les tendances vocationnelles.

Le développement de l’ère cosmique, qui n’a commencé qu’avec les conquêtes actuelles de l’astronautique, apporte des problèmes nouveaux et graves dans le domaine de l’éducation. La terre entière est affectée par la nouvelle conception de l’homme et sa position dans le cosmos. L’accélération du processus technologique conduit l’homme à mieux connaître sa propre condition humaine. Le scepticisme de ces derniers temps cède la place à un éveil de nouveaux espoirs grandioses. L’éducation de l’ère cosmique commence à naître et les éducateurs commencent à se rendre compte qu’ils ont besoin de renouveler les processus éducatifs.

Traduit par Cristina Matos

 

 

 

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